Nous livrons partout à Sainte-Anne-de-Sabrevois : au village, à l'intersection de la route 133, du rang du Bord de l'eau et du rang Saint-Louis, sur les rangs Grand et Petit Sabrevois, sur les montées Bertrand et Meunier, et jusqu'au bas des avenues numérotées qui descendent vers le Richelieu. Une question ne se pose jamais ici, et c'est rare : la pente. Le plan d'urbanisme est catégorique — « le territoire est plat, sans aucune dénivellation ». Ce qui la remplace, c'est le fossé. Les entrées sabrevoisiennes franchissent des fossés par des ponceaux, au point que la municipalité range la « canalisation d'un fossé de chemin municipal / installation d'un ponceau » parmi ses certificats d'autorisation, et que son règlement de déneigement interdit de souffler la neige d'un terrain privé « de chaque côté des ponceaux d'entrées ». Un ponceau d'entrée n'est pas dimensionné pour un camion porteur chargé, et aucun document municipal ne publie sa charge admissible : c'est le point que nos livreurs regardent avec vous à la réservation, jamais une fois le camion engagé.
De la place, en revanche, il y en a. Hors réseau, le lotissement minimal est de 3 000 m² avec 50 mètres de frontage, et de 4 000 m² pour un lot riverain; au village, desservi par l'aqueduc et l'égout depuis l'été 2005 seulement, il tombe à 500 m² et 18 mètres. Le zonage fixe des cases de stationnement de 5,5 m sur 2,6 m et une allée de circulation d'au moins 3 mètres, mais aucune norme municipale de largeur ni de pente d'entrée charretière n'a été trouvée — nous l'écrivons ainsi, parce que c'est une absence de texte et non une permission. Un 20 verges, à peu près la grosseur d'une Dodge Caravan, tient dans une entrée de rang sans immobiliser l'auto; le 10 verges équivaut à un 20 verges rempli à la moitié : même surface au sol, simplement moins haut. Deux réserves quand même. Sur un lot de coin, le triangle de visibilité doit rester exempt de tout obstacle de plus de 0,70 mètre — 6 mètres de côté au croisement d'une rue de 15 mètres d'emprise ou moins, 9 mètres au-delà — et une boîte de 10 verges dépasse largement cette hauteur. Et quand il n'y a ni trottoir ni bordure pour deviner où finit le terrain privé, la clôture donne le repère : elle se tient à au moins 0,60 mètre de l'emprise de la rue.
La troisième chose est le bâti, et le format qu'il appelle. Le rôle d'évaluation de 2006, le dernier publié dans le plan d'urbanisme, comptait 640 résidences unifamiliales, 91 chalets et 15 maisons mobiles sur 795 immeubles : des bungalows et des cottages d'un ou deux étages au village, des maisons de rang, des chalets riverains. Un second relevé, celui de 2005, dit où ces maisons se trouvent : 357 constructions résidentielles principales sont dans la plaine inondable du Richelieu, soit 45,8 % de l'ensemble des résidences de la municipalité. Dans cette plaine, le zonage écrit que « l'aménagement d'une cave ou d'un sous-sol est interdit », les vides sanitaires étant plafonnés à 1,20 m. Une maison sans sous-sol vide moins de débris qu'une maison de banlieue : dans ces secteurs, le 10 verges suffit souvent là où le 20 s'imposerait ailleurs. Sur une entrée de gravier de rang comme sur l'asphalte du village, le système PROTEC-O-SOL fait partie de chaque boîte — des madriers intégrés qui répartissent la charge. Rien à fournir, rien à payer de plus. Le conseil de nos livreurs, pour une protection totale : quatre boîtes de carton aplaties ou une mince feuille de contreplaqué à l'endroit prévu, avant l'arrivée du camion.