Une dalle brisée a l'air inoffensive en tas. Elle ne l'est pas : le béton en morceaux pèse environ une tonne par verge cube — l'ordre de grandeur de la terre, loin au-dessus d'un conteneur de rénovation qui, lui, se remplit de bois et de gypse. C'est pourquoi le béton ne part jamais dans le conteneur de rénovation, et pourquoi sa location ne se facture pas au volume.
Un seul format part : le 20 verges cube. Le prix couvre 7 tonnes incluses, 12 tonnes au maximum ; la tonne additionnelle s'ajoute au prorata, d'après le billet de pesée du centre de disposition — le poids réel, jamais arrondi. Et le conteneur se remplit aux trois quarts au plus (45 pouces du plancher) : la charge légale du camion s'atteint bien avant le bord. Nos livreurs le disent à chaque chantier — un conteneur de béton plein à ras bord ne quitterait jamais votre entrée.
Ce qui fait dérailler un chargement de béton, ce n'est pas le poids : c'est le gypse. Le gypse est un sulfate de calcium, et la Ville de Montréal plafonne le sulfate hydrosoluble du béton recyclé à 0,20 % quand le granulat retournera au contact du béton, 0,60 % ailleurs. Quelques feuilles de plâtre tombées dans la boîte suffisent à faire déclasser le voyage. Le béton porte aussi une signature que ni la brique ni l'asphalte n'ont : un pH élevé, dû aux ions hydroxyles de la pâte de ciment — l'eau qui traverse une pile de béton concassé ressort alcaline, et c'est ce qui encadre son entreposage. Concassé, votre béton devient un matériau granulaire de recyclage classé selon sa teneur en béton, et il repart en fondation de chaussée et de trottoir. Il ne redevient pas du béton de structure.