Dans Saint-Michel, la première question n'est presque jamais « quel format? », mais « où le camion va-t-il le poser? ». Et ce n'est pas nous qui le disons : à propos du secteur des Avenues, au nord du boulevard Crémazie Est, l'arrondissement écrit que « le taux d'implantation au sol est élevé, atteignant souvent 100 %; cette situation laisse peu ou pas d'espaces sur les propriétés privées pour l'entreposage extérieur et le stationnement ». Il en tire lui-même la conséquence : « les propriétaires riverains utilisent l'espace public comme aire de stationnement, aire d'entreposage extérieur et aire de chargement ». Autrement dit, à beaucoup d'adresses du quartier, le conteneur ne tiendra pas dans la cour — et c'est le permis d'occupation, détaillé plus bas, qui règle le reste. Nous préférons trancher ce point au téléphone plutôt que devant chez vous, le camion moteur tournant.
Ce bâti serré a une date. Les trois quarts des habitations de Saint-Michel ont été construites entre 1945 et 1960, quand la population du secteur est passée de 6 000 à 68 000 habitants entre 1946 et 1964 — « sans plan de développement précis », écrit le programme particulier d'urbanisme, ce qui a donné « une trame urbaine et un mélange des fonctions bien particuliers ». La grille, elle, est plus ancienne encore : dessinée en 1912 pour un lotissement appelé Shaughnessy Park, « calquée directement sur le modèle de la grille des rues d'une cité-jardin », avec « un parc central octogonal croisé par deux rues en diagonale traversant une grille de rues à angle droit » — la Ville précise que le secteur ne s'est bâti qu'après 1945, « en suivant, à peu de choses près, ce plan ». C'est de là que viennent les Avenues numérotées, de la 2e à la 25e, et les 46e, 47e, 50e et 51e Rue.
Deux repères de terrain complètent le tableau. Les ensembles « de type Wartime », bâtis dans les années 1950 et dont l'illustration officielle de la Ville est la 23e Avenue, présentent « des caractéristiques communes très fortes à l'égard des reculs, de la volumétrie, des saillies et même des revêtements » : d'une adresse à l'autre, les entrées se ressemblent, et ce qui passe chez le voisin passe souvent chez vous. À l'inverse, le quartier ne se traverse pas en ligne droite : « dans le quartier Saint-Michel, c'est la présence des deux anciennes carrières qui empêche le développement de liens au sein même du quartier », note le Plan d'urbanisme, et l'autoroute Métropolitaine le coupe en deux depuis la fin des années 1950. Reste le sol. Tous nos conteneurs arrivent avec le système PROTEC-O-SOL, des madriers intégrés qui répartissent la charge : rien à fournir, rien à payer de plus. Le conseil de nos livreurs, pour une protection totale : quatre boîtes de carton aplaties ou une mince feuille de contreplaqué à l'endroit prévu, avant l'arrivée du camion. Pour se figurer l'encombrement, un 20 verges fait à peu près la grosseur d'une Dodge Caravan, et le 10 verges équivaut à un 20 verges rempli à la moitié : même surface au sol, simplement moins haut.
Ville de Montréal : programme particulier d'urbanisme du secteur de la rue Jarry Est (arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, mai 2015), § 2.2 et 2.3; Évaluation du patrimoine urbain — arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension (carte datée du 10 décembre 2004); Plan d'urbanisme de Montréal, partie II, chapitre 26, § 26.3.4 — consultés le 20 août 2026.