Rosemont–La Petite-Patrie est le troisième arrondissement le plus peuplé de Montréal, sur 15,9 km², et cette page couvre son côté est : le Vieux-Rosemont, le Technopôle Angus, la Cité-Jardin du Tricentenaire, la Promenade Masson et les avenues numérotées de l'est. Nos livreurs y règlent une question avant toutes les autres, et ce n'est pas la grandeur de la boîte : c'est sa place. Le règlement d'urbanisme de l'arrondissement nomme le « conteneur à déchets » à son article 341 et le refuse en cour avant — la colonne « COUR AVANT » du tableau dit « non ». Dans les autres cours, il est autorisé, avec une hauteur d'empilement d'au plus 2 m. Autrement dit : la boîte va dans la cour latérale, dans la cour arrière ou dans le stationnement de fond de lot accessible par la ruelle, jamais devant la façade. Quand aucune de ces trois places n'existe, elle va dans la rue ou dans la ruelle, avec permis. Pour se figurer l'espace : un 20 verges occupe environ 4,3 m sur 2,4 m, soit à peu près 10 m² au sol, et un 40 verges environ 6,1 m sur 2,4 m, soit 15 m². Le 10 verges équivaut à un 20 verges rempli à la moitié : même surface au sol, simplement moins haut.
Où l'entrée privée existe-t-elle vraiment? Le recensement de 2021 répond, et il répond différemment selon le bout de l'arrondissement. Sur l'ensemble du territoire, les maisons unifamiliales ne font que 4,9 % des logements occupés — contre 13,9 % pour l'ensemble de Montréal — et 87,2 % des logements sont des appartements en duplex ou en immeuble de moins de cinq étages. Mais dans les deux quartiers de référence de l'est, Marie-Victorin et Petite-Côte, les unifamiliales montent à 9,9 % et 9,3 %, et à 27,7 % chez les seuls propriétaires de Marie-Victorin : c'est là que la cour latérale et le stationnement de fond de lot existent pour vrai. À l'inverse, le quartier de référence Vieux-Rosemont est le plus habité de l'arrondissement — 15 470 logements occupés — avec 87,3 % de plex et 2,3 % d'unifamiliales, et c'est aussi celui où le nombre de logements nécessitant des réparations majeures a le plus augmenté entre 2016 et 2021 : +22,3 %. Le quartier de référence voisin, Louis-Hébert, affiche la plus forte proportion de tout l'arrondissement : 11,8 %. Le marché de la rénovation est donc concentré là où l'entrée privée est la plus rare — c'est exactement pour ça qu'on en parle au téléphone plutôt que devant la maison.
La ruelle est la troisième chose que nos livreurs vérifient, et l'arrondissement la chiffre lui-même : « Un dégagement de 3,5 mètres de largeur doit être respecté en tout temps dans toute la ruelle, incluant les voies d'accès », et « il est interdit de circuler en reculant ». Un conteneur fait environ 2,4 m de large : dans une ruelle rosepatrienne courante, il ne reste pas 3,5 m à côté. La boîte va donc dans une place de stationnement privée en fond de lot — ou, si elle doit occuper la ruelle elle-même, avec permis. L'interdiction de reculer, elle, a une conséquence de camion : notre bras hydraulique doit pouvoir ressortir par l'autre bout. Or, sur les 436 tronçons de ruelle verte que le jeu de données ouvert de la Ville recense dans l'arrondissement, 65 sont partiellement fermés, 15 fermés et 1 en fermeture saisonnière — près d'un sur cinq n'est pas librement accessible à un véhicule. Ajoutez la Cité-Jardin du Tricentenaire, que la Ville décrit elle-même comme « un ensemble de rues en cul-de-sac » : c'est le secteur où la manœuvre se planifie le plus. Nous la planifions, au lieu de la découvrir.
Restent la surface et l'arbre. Le règlement d'urbanisme exige que les aires de chargement et les voies d'accès soient recouvertes de béton gris, de pavé alvéolé ou d'un matériau inerte « à l'exception du gravier », avec un indice de réflectance solaire d'au moins 29 (art. 551) : les surfaces de livraison rosepatriennes sont dures et claires, donc marquables. C'est exactement pour elles que le système PROTEC-O-SOL fait partie de chaque boîte — des madriers intégrés qui répartissent la charge. Rien à fournir, rien à payer de plus. Le conseil de nos livreurs, pour une protection totale : quatre boîtes de carton aplaties ou une mince feuille de contreplaqué à l'endroit prévu, avant l'arrivée du camion. Quant à l'arbre, le même règlement impose au moins un arbre par 50 m² de terrain non construit pour toute habitation (art. 383.1) et traite « le recouvrement du système racinaire par un remblai de 20 cm ou plus » comme un abattage (art. 379) : on choisit la place hors de la ramure, et sans rien accumuler sur les racines.