Nous livrons partout à Saint-Colomban, du noyau villageois au secteur du lac Rinfret, et le camion prépare sa manœuvre avant d'arriver. Ici, la première question n'est pas la largeur de l'entrée : c'est ce qu'il y a sous ses trois premiers mètres. Entre la rue et l'allée, il y a un fossé et un ponceau, et le plan type de la Ville impose un tuyau de PEHD d'un diamètre minimal de 450 mm — le diamètre exact étant déterminé par le Service du génie — posé sur 150 mm de pierre concassée MG-20 compactée. Le règlement crée même un creux au seuil : « à 1,5 mètre du bord de la rue, le niveau de l'asphalte ou de la pierre de l'entrée charretière doit être plus bas d'au moins 50 mm que le niveau de l'accotement de la rue ». La construction et l'entretien de cette entrée sont à la charge du propriétaire, et la Ville peut en exiger la reconstruction, à défaut de quoi elle l'exécute aux frais du propriétaire « sans autre avis ni délai ». C'est pour ça que nos livreurs demandent l'âge et l'état du ponceau au téléphone : un porteur chargé qui l'écrase laisse une facture à l'adresse.
La deuxième chose est la place — plus serrée qu'on ne le croit sur de grands terrains. Le zonage plafonne l'allée d'accès résidentielle à 6 mètres de large (3,5 mètres au minimum), la tient à au moins 0,5 mètre de la ligne latérale et la veut perpendiculaire à la voie de circulation, publique ou privée. Un 20 verges, à peu près la grosseur d'une Dodge Caravan, y tient sans immobiliser l'auto quand l'emplacement est choisi d'avance; le 10 verges équivaut à un 20 verges rempli à la moitié — même surface au sol, simplement moins haut. Sur un terrain d'angle, il faut en plus laisser libre le triangle de visibilité de 7,5 mètres de côté, où rien ne dépasse 0,7 mètre : un conteneur y est un obstacle, et l'emplacement se discute à la réservation.
La troisième, ce sont les arbres, et à Saint-Colomban ils ne sont pas un décor. Le plan d'urbanisme chiffre lui-même l'omniprésence du couvert forestier à 85 % de la superficie de la municipalité. Le zonage interdit « l'entreposage de tous matériaux pouvant empêcher la libre circulation d'air et d'eau, à moins de trois (3) mètres du tronc d'un arbre », exige que les racines, troncs et branches situés à moins de quatre mètres des travaux soient « protégés efficacement », et défend qu'un arbre serve de support. L'arbre qui gêne ne se coupe pas davantage sur un coup de tête : l'abattage exige un certificat et reste interdit sauf dans onze cas énumérés. Concrètement, la place du conteneur se choisit d'après le rayon de trois mètres autour de chaque tronc et le dégagement au-dessus, pas d'après la place disponible — et on vous le dit à la réservation, pas une fois le camion sur place.
Reste la surface. Saint-Colomban autorise expressément le gravier : l'aire de stationnement et les allées peuvent être « en asphalte, en béton, en pavé, en gravier ou tout autre matériau similaire », pourvu qu'elles éliminent la poussière et empêchent la formation de boue. Le plan d'urbanisme confirme qu'il en reste, puisqu'il se donne pour objectif de « paver graduellement les rues en gravier ». Sur une surface meuble, le risque n'est pas la rayure, c'est l'ornière : le système PROTEC-O-SOL — des madriers intégrés à chaque boîte, rien à fournir, rien à payer de plus — répartit la charge, et la vraie question à la réservation devient la portance de votre entrée après une pluie. Sur une entrée pavée ou asphaltée, le conseil de nos livreurs reste le même qu'ailleurs : quatre boîtes de carton aplaties ou une mince feuille de contreplaqué à l'endroit prévu, avant l'arrivée du camion. Et à la sortie, nos chauffeurs balaient — salir la voie publique « par de la boue, de la terre, de la roche » est une infraction au règlement de qualité de vie.